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" Toute politique consiste à empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde " (Paul Valéry, Regards sur le monde actuel)



REPUBLIQUE BANANIERE

on 28 avril : 10:45  Posted by webmaster  Category: Politique  Comments are turned off for this item
Notre république bananière

Nos pays Occidentaux seraient-ils devenus des républiques bananières? La collusion entre pouvoir public et oligarchie est une constante qui débouche systématiquement sur une confiscation des profits et sur une mise en commun des pertes. Nous sommes donc bien en république bananière. Passons sur l’économiste Roubini qui définit nos tourmentes comme étant « une crise de solvabilité (…) car les pertes des institutions financières ont été socialisées et reportées sur le bilan de l’Etat. ». Par ailleurs, Stiglitz ne met-il pas dans le mille en évoquant un « socialisme pour les riches » ? Ou encore Taleb qui déplore que la masse des passifs « appartient aujourd’hui au Gouvernement (…) qui les transformera en dettes à régler par nos enfants et petits enfants »?

Depuis l’éclatement de cette crise en 2007, la stratégie de nos Etats Occidentaux a consisté à absoudre la finance et à exiger des sacrifices à un citoyen qui se devait d’ingérer les ardoises des Banquiers. Qui aura le cran aujourd’hui de reconnaître que la croissance économique passée avait en réalité été édifiée sur du vent ? Les Etats-Unis et avec eux l’Union Européenne qui était pertinemment au fait des tricheries grecques, des excès espagnols, de la folie des grandeurs irlandaise, etc…sont des républiques bananières qui animent et transforment nos économies en une partie de poker dont les jetons ne sont distribués en quantités suffisantes qu’à certains joueurs privilégiés. Cette partie ne s’avère ainsi lucrative que pour une infime minorité.

Ce capitalisme tronqué et dénaturé est donc maintenu sous perfusion par nos Banques Centrales et par nos autorités économiques fort avares envers ceux qui en ont le plus besoin, à savoir les consommateurs et ce dans le seul but de faire perdurer ce simulacre qui ne profite qu’aux heureux « 1% ». Inutile de se lancer dans de savants débats opposant adeptes de Keynes à ceux de Friedman car les dés sont pipés. Sinon, pourquoi nos Gouvernements n’auraient-ils pas distribués ces gigantesques liquidités créées ces derniers mois directement et sans l’intermédiation du système financier au citoyen-consommateur qui, lui, aurait ainsi contribué à une rapide sortie de crise?

En réalité, jetons et liquidités sont concentrés dans les mains d’une infime minorité pendant que les autres (petits) joueurs sont priés d’emprunter pour continuer la partie quand ils ne sont pas tout bonnement passés abandonnés à leur sort. Nos démocraties s’accommoderont-elles éternellement de la défense et de la préservation systématiques de certains intérêts privés? L’hyper concentration des richesses et des ressources est absolument et fondamentalement inconciliable avec les préceptes démocratiques et c’est pourquoi le sauvetage acharné des institutions financières ou l’usage des deniers publics pour payer de gigantesques rémunérations transforment insidieusement nos pays en républiques bananières où nous, simples citoyens, sommes réduits à l’état de figurants, voire de bêtes de somme…

En privilégiant une élite et en mettant au régime sec la masse des citoyens, nos dirigeants politiques et financiers tuent le capitalisme et mettent nos démocraties en péril. Car point de démocratie politique sans démocratie économique.



Article rédigé par Michel Santi, économiste (http://www.gestionsuisse.com)
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ANTHROPOCRATIE

on 09 févr. : 00:00  Posted by webmaster  Category: Politique   Comments: 0
Pour une anthropocratie mondiale où le pouvoir n’appartiendrait plus à des autorités plus ou moins proches prétendument des citoyens, mais à tous les hommes et femmes, indépendamment de leur couleur, leur race, leur nationalité, qui souhaitent se savoir libres de prendre eux-même entre leurs mains le sort des affaires qui les concernent.

par un auteur inconnu

La démocratie est rattachée à la vie du démos (cité), délimitée par un territoire, assortie d’institutions et de pouvoirs explicites vouées à s’occuper de ses affaires propres.

De nos jours, non seulement, la démocratie se limite à concéder aux citoyens de voter uniquement pour élire, tous les 3 ou 4 ans dans le meilleur des cas, ceux des quelques citoyens qui vont voter pour le reste de leurs semblables, mais cette élection même semble être devenue le signe le plus probant d’une « démocratie véritable ». D’ailleurs, on lui ajoute presque invariablement un qualificatif pour essayer de faire diversion et montrer que l’on n’élude le concept que pour lui adjoindre une valeur plus importante encore (pluraliste, parlementaire, chrétienne, socialiste, directe, participative, etc.)

On légitime communément les bienfaits de la démocratie locale ou régionale en prétendant que les « autorités locales ou régionales » (en réalité leurs élus) sont plus proches des citoyens. En réalité, plus ils en sont proches et plus ils leur demandent de se contenter de persévérer dans leur travail, de vaquer à leurs affaires privées, de prendre plaisir à leurs loisirs, mais de laisser les choses sérieuses entre les mains des professionnels de la politique. « Toute politique consiste à empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde écriait Paul Valéry dans ses Regards sur le monde actuel).) Personne ne propose un approfondissement de la démocratie, ni même avec les 35 heures on a proposé aux gens d’accorder désormais plus de temps aux affaires publiques. Ceux qui le souhaitent entend-on peuvent s’affilier à un parti politique, faire du bénévolat, s’enrôler dans un lobby, ou un groupe de pression, écrire, Cela reste du domaine réservé des professionnels de la politique.

Or aucune politique ne peut plus se faire sans la participation (et pas seulement l’assentiment implicite) du plus grand nombre. Qu’il s’agisse des grands projets, de légitimer l’action collective, de donner du sens au vivre ensemble, de renforcer le rayonnement et le bon vivre de sa communauté, de lutter efficacement contre les fléaux humains : la pollution, la pauvreté, l’ignorance, la corruption, l’injustice sociale, l’égoïsme individuel, le consumérisme psycho-phrénétique, la solitude, rien ne peut plus se faire sans la persuasion par un raisonnement rational des gens, les jeux, la com, la télé, les manoeuvres des différents types de pouvoir ne peuvent suffire à les berner longtemps. (Que seraient les politiques, les grands groupes économiques et financiers sans leur conseillers en com?). Sinon, ils risqueraient de se retrouver eux-même un jour à devoir faire le spectacle devant les fauves de l’arène dont le seul but est d’apaiser le spectateur; Dans la société du spectacle, il n’y a plus d’hommes libres, de citoyens, il n ‘y a que des spectateurs.

Dans un monde globalisé, où toute décision a désormais une influence bien au-delà des frontières artificiellement creusées au fil des années, dans les tranchées comme dans l’esprit des gens, n’est il pas temps de donner corps partout à une véritable anthropocratie ? donner le pouvoir à l’homme, à tous les hommes et non pas seulement à des gouvernants qui ne seraient rien sans l’appui de tous les relais de pouvoirs : celui de l’élu local, du baron du parti, du juge, du procureur, du flic, du médecin, du journaliste, de l’instituteur, du religieux, de l’expert, du caporal dans toute sa superbe, dans toutes les niches que les sociétés lui ont laissé creuser son autel et qu’il n’y a sans doute pas lieu de dénigrer si par une faiblesse si humaine il n’en venait inévitablement à commettre ses abus habituels.

Tout cela ne tient que parce que nous l’avons imaginé collectivement comme cela. Si nous faisions le pari d’une autre politique possible peut-être verrions nous naître enfin de vrais démocraties, plus transparentes, plus solidaires, débarrassées de l’opium des peuples qui n’est plus la religion mais le nationalisme, l’esprit grégaire de tous ceux qui n’ont plus rien à manger mais qui sont fiers d’appartenir encore à et de mourir s’il le fallait sous la contrainte pour une nation. Et si nous imaginions enfin une terre qui appartienne à tous, où il n’y aurait plus d’apatrides, car tous ceux dont personne ne veut ou qui fuient la menace dont ils sont l’objet, tous ceux enfin qui ne voudraient plus qu’on les définissent que par l’appartenance policière à une seule nation, seraient libres de se prévaloir de leur appartenance à notre « Cosmopolitie », entité non sentimentale mais politique mondiale, créée pour et par des hommes libres, prêts à accorder un peu du temps de leur vie pour le bien être commun et pas seulement pour le leur propre ou l’accumulation absurde de points de croissance et de créances souveraines dans l’économie et leurs finances publiques… Qu’importe, dans une « cosmopolitie », la couleur, la race, le sexe ou la nationalité des gens, ce qui compte est de savoir s’ils sont des êtres libres ou pas.

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